Ce que l’on a retenu des 3ème Rencontres Nationales des Budgets Participatifs !

Les Co-citoyen.ne.s participaient aux 3ème rencontres nationales des Budgets Participatifs les 8 et 9 novembre 2018 à Montreuil. Ces rencontres permettent des échanges de bonnes pratiques entre les villes ayant mis en place des Budgets Participatifs et représentent un moment de réflexion sur l’avenir de ces dispositifs et plus largement de la démocratie locale en France. Les Co-citoyen.ne.s facilitent l’émergence de projets et accompagnent au vote les habitant.e.s des quartiers populaires dans le cadre du Budget Participatif de Paris depuis 2016. Nous y étions donc pour faire un retour de notre expérience mais aussi dans le cadre de notre intérêt pour la démocratie locale et le pouvoir d’agir des habitant.e.s. Après deux jours de séminaire, voici notre retour critique et les faits marquants de ces rencontres :

Les chiffres marquants :

  • 6 Budgets Participatifs avant 2014 → 80 Budgets Participatifs en France aujourd’hui dont 60% dans des communes de moins de 50 000 habitant.e.s
  • Environ 25% des votants non inscrits sur les listes électorales à Grenoble 


Les faits marquants :

  • Nous remarquons que les Budgets Participatifs (BP) sont de moins en moins politisés et sont lancés par des villes de tous bords politiques. Lancé pour la 1ère fois à Porto Alegre au Brésil en 1989 par le Parti des Travailleurs – et suite aux revendications du mouvement associatif local -, cet outil de démocratie locale avait également pour objectif de réorienter les ressources publiques vers plus de justice sociale avec des pondérations pour valoriser les projets issus des quartiers les plus défavorisés. Cette dimension sociale ne devrait, selon nous, pas être perdue de vue car ce dispositif peut tout aussi aggraver les inégalités territoriales si il ne prend pas en compte la participation des personnes les plus éloignées de la vie publique.
    Certaines municipalités en France conservent tout de même une certaine volonté de justice sociale et cherchent à favoriser les projets des habitant.e.s des quartiers populaires. Par exemple, la Mairie de Paris réserve 30% de son budget aux quartiers populaires et missionne des associations pour aider à l’émergence et aux votes dans ces quartiers.
  • Certaines villes n’utilisent pas d’autre possibilité que le numérique pour voter… Cela nous semble être un sérieux problème car le numérique exclut encore toute une partie de la population.
  • Des villes ont décidé de ne pas inclure ou de retirer les projets d’entretien tels que “la rénovation de toilettes dans les écoles” du cadre du Budget Participatif. Nous pensons que c’est une bonne chose ! Le Budget Participatif ne devrait pas servir à prioriser entre des “toilettes décentes pour nos enfants” et la création d’un “barrage dépollueur” par exemple. Les Mairies devraient dans tous les cas être en mesure d’assurer des toilettes dignes pour tou.te.s dans les écoles et ne pas se défausser de leurs responsabilités sous le prétexte de la démocratie locale. La ville de Grenoble a retiré ce type de projet du Budget Participatif en 2018 et nous serions favorables à ce que Paris fasse de même.
  • Des idées de Budget Participatif à l’échelle nationale ont été évoquées. Dans le contexte actuel de réduction du service public, cela nous semble particulièrement dangereux car cet outil pourrait provoquer un nouveau désengagement de l’Etat en donnant l’illusion de la participation.


Des pratiques intéressantes en France ou à l’étranger :

  • Certaines Mairies cherche à élaborer les règles du Budget Participatif avec les habitant.e.s avant de lancer leur première édition.
  • La Ville de Cascais au Portugal qui a un Budget Participatif depuis 8 ans fait voter les gens par SMS et a mis en place la possibilité de voter de manière négative. Il nous semble que le vote négatif est intéressant dans le sens où il pourrait permettre d’éviter des effets de gentrification puisque les habitant.e.s d’un quartier pourraient s’opposer à un projet déposé sans leur avis. De plus, dans cette ville, les projets les plus votés sont exécutés mais les autres ne sont pas laissés à l’abandon, ils sont stockés dans une “banque d’idée”. En effet, ces projets peuvent révéler des préoccupations réelles et pourraient être réalisés autrement.
  • La ville de Mulhouse a proposé un Budget Participatif sur des lieux particuliers, en renouvellement urbain et non pas sur l’ensemble de son territoire. Cela permet notamment de mettre ces lieux – en évolution – en discussion avec les habitant.e.s, les professionnel.le.s de l’aménagement et la mairie.
  • La Mairie de Montreuil a instauré un système de vote intéressant de style “jugement majoritaire” par point :  1er → 3 points ; 2ème → 2 points ; 3ème → 1 point.


Après ces réflexions, c’est à notre tour de faire en sorte que le Budget Participatif de Paris 2019, dans lequel nous agissons, soit le plus démocratique et juste socialement en impliquant les personnes les plus exclues de la vie publique locale et des dispositifs de participation. Nos ateliers pour faciliter l’émergence de projets d’habitant.e.s des quartiers populaires débuteront début décembre. Pour en savoir plus et/ou participer à nos action, contactez nous :
contact@co-citoyens.fr / 0783242840.  

 

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